Il est généralement admis que la décision est déterminée par les informations que nous détenons sur la réalité. En fait, il s’agit d’un processus beaucoup plus complexe (concepts de la boîte transparente et de la boîte noire d’Andreu Solé).
Examinons trois cas d’erreurs stratégiques…
- Ils n’ont pas pu anticiper :
Ce qu’ils considéraient comme inimaginable, inconcevable et donc impossible s’est finalement produit. Le schéma mental représentant ce qui est possible et impossible s’est avéré erroné. Paradoxalement ce schéma erroné est d’autant plus redoutable qu’il s’est construit de manière implicite et inconsciente, sur l’expérience et sur l’expertise à partir de laquelle les dirigeants pilotent leur entreprise… - Ils ont manqué des opportunités prometteuses :
Là encore, le schéma mental représentant le possible et l’impossible s’avère erroné. Ce qui est perçu comme inévitable, obligatoire, ce qui apparaît comme une contrainte à laquelle on ne peut déroger ou comme faisant partie de la nature des choses était en fait tout à fait évitable, contournable, si on s’était donné la peine de poser le problème autrement. Les fausses évidences constituent un piège d’autant plus trompeur qu’elles rassurent et donnent l’illusion d’une situation simple. Alors qu’elles réduisent le champ d’analyse des possibles. - Ils se sont lancés dans un projet impossible :
Cette fois, ils ont surestimé le champ des possibles. Les convictions sont parfois si fortes qu’elles masquent certaines réalités, certaines contraintes et impossibilités qui sont, dans ce cas, bien réelles.
Le processus de décision est subjectif
Antoine Riboud lui-même le reconnaissait : les dirigeants inventent une stratégie après avoir pris leur décision, pour la rationnaliser, la justifier et la faire accepter. La stratégie de l’entreprise est un ensemble de choix éminemment personnels.
Le dirigeant prend ses décisions a priori, sur la base de ses convictions, de son histoire personnelle, de sa vision du monde et aussi de ses aspirations personnelles, de ses intuitions également.
Les conclusions que nous devons en tirer :
Nous ne pouvons pas anticiper, prévenir les évènements que nous n’arrivons pas à imaginer. Pour être en mesure de tenir compte de l’information que l’on a, il faut imaginer l’évènement annoncé par cette information. C’est donc avec leur imagination que les dirigeants des entreprises prennent leurs décisions…
Les conseils du prospectiviste :
- Elargissez votre spectre imaginatif
- Prenez vos distances avec tout ce qui a l’apparence d’une évidence
- Menez une introspection sur vos propres réflexes mentaux et processus psychiques afin de prendre conscience des biais cognitifs qu’ils peuvent engendrer.
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